Mirakl, le leader mondial des places de marché, lève 62 millions

Fondée en 2012, la start-up Mirakl boucle une série C de 62 millions d’euros, qui marque le premier investissement de Bain Capital Ventures en France.

Avec cette nouvelle levée de fonds de 62 millions d’euros (70 millions de dollars),  Mirakl rejoint le club restreint des jeunes pousses françaises ayant bouclé une Série C. Ce tour de table marque en outre le premier investissement français de Bain Capital Ventures , un véhicule du fonds américain au portefeuille de 4,9 milliards de dollars, ayant notamment investi dans LinkedIn. Il est suivi sur cette levée par les investisseurs historiques de la jeune pousse 83North et le français Elaia Partners.

Ce tour porte le financement de la scale-up à 88 millions d’euros, et fait suite à une année 2018 particulièrement fructueuse pour Mirakl, qui développe des solutions clé en main de place de marché pour le B2C (entreprise à particulier) comme pour le B2B (entreprise à entreprise). Cette dernière indique avoir gagné 60 nouveaux clients et lancé 37 nouvelles places de marché l’année dernière, entraînant une croissance de son chiffre d’affaires de 80 %. La start-up affirme en outre que ses marketplaces ont généré 1 milliard de dollars de volume d’affaire chez ses clients en 2018.

Leader mondial

« Mirakl est sans l’ombre d’un doute le leader mondial de ce marché,estime Scott Friend, partner chez Bain Capital. Je ne leur trouve pas de concurrents, et ils ont développé une solution technique très complexe, qui requiert beaucoup d’expertise ». Un développement qui a requis « des dizaines de millions d’euros d’investissements », précise le fondateur de l’entreprise Philippe Corrot, et sur lequel Mirakl compte bien capitaliser pour maintenir son avance. Depuis quelques mois, une partie des 200 employés de la jeune pousse travaille par exemple au développement de solutions impliquant de l’intelligence artificielle. « Ces technologies permettent d’automatiser les process, d’optimiser la fixation des prix, ou encore de structurer les volumes très importants de données que nos clients génèrent », illustre-t-il.

La force de l’entreprise réside notamment dans sa capacité à se positionner aussi bien sur le B2C que sur le B2B. Aux entreprises s’adressant aux particuliers, Mirakl permet de faire du commerce en ligne de manière indépendante. Sur ce segment, la start-up compte Darty, Conforama, Walmart ou encore JCrew parmi ses clients. Côté « entreprise à entreprise », elle cite Toyota Material Handling, AccorHotels ou encore Siemens. Ces grands groupes gérant de vastes réseaux d’opérateur et de distributeurs utilisent la solution Mirakl pour tout centraliser. « AccorHotels travaille, par exemple, avec des hôtels franchisés, qui doivent s’équiper chez des fournisseurs agréés, illustre Philippe Corrot. Nous avons monté une plateforme sur laquelle les hôtels peuvent passer commande directement, ce qui facilite le travail de tout le monde ».

Accélérer sur le B2B

Un marché B2B représentant un vecteur de croissance important pour Mirakl, estime Scott Friend : « En termes de marketplaces, le B2B se situe là où le B2C était il y a dix ans ». Pour développer ce segment, Mirakl a mis en place une stratégie d’évangélisation du marché et mise sur des solutions personnalisées. Pour la filiale mobilité de Siemens, la start-up a par exemple créé un système de reconnaissance d’images permettant de commander automatiquement des pièces de remplacement.

Pour assurer sa croissance, Mirakl compte principalement sur le marché américain, qui représente 45 % des activités de la jeune pousse, pour 45 % également en Europe. « C’est un marché plus vaste, avec une courbe d’adoption beaucoup plus rapide qu’en Europe », tranche le fondateur de l’entreprise. La start-up conserve cependant son siège ainsi que ses équipes techniques à Paris. Dans les mois à venir, elle devrait recruter une centaine de nouveaux collaborateurs.

 

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