Cette start-up française a trouvé l’arme fatale anti-Amazon

INTERVIEW – La start-up française Mirakl a levé 70 millions de dollars. Son logiciel permet aux commerçants de contrer Amazon et Alibaba. Philippe Corrot, cofondateur de la start-up, explique à Challenges à quoi vont servir les fonds levés.

C’est l’une des pépites de la French Tech. Créée en 2012, Mirakl, une société qui conçoit des places de marché clé en main pour les e-commerçants et qui compte parmi ses clients les géants Carrefour, Darty ou Conforama, vient de lever 70 millions de dollars. Philippe Corrot, son cofondateur, explique à Challenges quelles sont ses ambitions et à quoi vont servir ces fonds.

Challenges – Présent dans la sélection Challenges des 50 futures licornes françaises, Mirakl vient de lever 70 millions de dollars. Comment s’inscrit cette opération dans l’histoire de votre société ?

Philippe Corrot – Il s’agit de notre troisième levée de fonds après celles de 2012 et 2015, cette dernière s’étant élevée à 20 millions de dollars. Avec Bain Capital qui entre au tour de table aux cotés de nos investisseurs historiques, nous faisons le choix d’une croissance à l’américaine.

Restez vous majoritaire, avec le cofondateur Adrien Nussenbaum ?

Non, nous avons fait le choix d’aller très vite. Nous sommes un leader unique au monde, et nous entendons maintenir et accroître notre avance. Adrien s’est installé aux Etats-Unis, où la société se développe très vite.

On vous présente souvent comme l’arme anti-Amazon, est-ce exact ?

Les distributeurs qui n’ont pas intégré de places de marché sont  condamnés face à la concurrence d’Amazon et d’Alibaba. Ceux qui estiment pouvoir en créer une par leurs propres moyens afin de les contrer sont également condamnés à l’échec. Créer une plateforme technologique du type Amazon ou Alibaba relève de la gageure, c’est trop tard. Ce n’est pas un hasard si nos clients s’appellent Carrefour, Darty ou Conforama. Ce n’est pas un hasard si plus d’un milliard de volume d’affaires transite par nos plateformes!

Le fait d’utiliser notre brique permet de gagner du temps et de l’énergie. Ces technologies se développent d’ailleurs bien au-delà de la distribution, nous travaillons par exemple avec Accor ou Siemens. Les places de marché sont de plus en plus présentes dans le BtoB, dans les achats, dans les services. Elles permettent par ailleurs de récupérer des données très utiles pour développer un business. Il faut contrer Amazon et Alibaba mais aussi accompagner et profiter du phénomène de l’uberisation et de la gestion des datas.

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